Habiter dans le Nord : la dure réalité

Lire les récits des aventures de Maxime au Nunavut est une source intarissable de bonheur. Avec ses soirées entre copains, ses périples au marché du village, et l’adoption récente de son nouveau compagnon, Qinu, sa vie semble plutôt trépidante. Mais, comme dit le dicton : « Les apparences sont parfois trompeuses.» Vivre dans le Grand Nord canadien possède son lot de moments sombres.

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Et par moments sombres, je ne parle pas des deux à trois mois hivernaux au cours desquels le soleil ne se lèvera jamais. Je parle plutôt des moments difficiles, de doutes et d’insécurité, sans oublier les longs moments de solitude.

La déprime : voilà un sujet que mon brave Maxime n’abordera pas seul. Il est bien trop fier et, surtout, il ne veut pas inquiéter ses proches. C’est pourtant un aspect majeur de son périple arctique.

Avoir les blues de Molière

S’ennuyer de parler le français peut sembler futile, mais c’est l’une des choses que Maxime a mentionné trouver difficile. Ne pas pouvoir parler sa langue, utiliser des expressions ou faire des blagues «culturelles», c’est aussi sacrifier une petite partie de sa personnalité. Car notre langue fait partie de notre ADN, après tout, et reflète nos origines.

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No man is an island

Vous connaissez cette citation de John Donne? Elle signifie que nous ne sommes pas seuls, que nous faisons partie d’un tout. Sauf que, dans le Grand Nord canadien, every man is an island. Isolé de sa famille, de ses amis, loin de tout, littéralement non-joignable par voie terrestre, entouré par l’immensité de la mer (du moins, à Hall Beach); ça commence à ressembler drôlement à une île.

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Un petit cadeau offert par les amis à Max, dans le Nord, pour fêter la venue de Qinu. Merci, amis à Max, vous êtes super!

En parler à un professionnel

Dans un village de 600 habitants dont la grande majorité est Inuit et ne possède pas de diplôme scolaire valide, les psychologues et autres professionnels de la santé ne courent pas les rues. Pour tout dire, le village en entier est desservi par 2 infirmières et 2 policiers.

Les ressources d’aide sont donc limitées. Entre le Embrace Life Concil, qui concentre ses actions sur la prévention du suicide, et les lignes téléphoniques d’aide psychologique gouvernementales où l’on baragouine l’anglais plus qu’on ne le parle, on peut presque dire qu’elles sont inexistantes. Thérapie en ligne? Difficile, avec 5g de données par mois.

Enseigner les maths, en anglais

Laissez-moi vous situer un peu mieux quant à l’environnement de travail de Maxime.

Formé en éducation physique et à la santé, il a été assigné les mathématiques et les sciences; deux matières qu’il n’avait jusqu’à présent jamais enseignées. Le tout, dans une autre langue et à une clientèle qu’il n’a pas l’habitude de côtoyer.

Imaginez-vous, enseigner à des adolescents Inuits les fonctions vectorielles, en anglais. Ça fait combien de temps que vous n’avez pas pensé aux racines carrées, vous? Moi, ça fait un sacré moment. Pour se mettre à jour, il passe donc 50 à 60 h par semaine à l’école, dont une bonne partie de ses week-ends.

Maxime est un perfectionniste, il veut que ses élèves apprennent et deviennent de jeunes adultes accomplis. Il s’agit d’une mission de vie on ne peut plus noble. Mais, croyez-moi, c’est émotionnellement et psychologiquement éreintant.

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Hall Beach et ses ciels roses.

Élever un chien

Il est évident que Maxime est totalement en amour avec son bébé husky, Qinu. Il lui tient compagnie, lui voue un amour inconditionnel et le force à sortir à l’extérieur visiter ce territoire vierge et étrange qu’est le Nunavut.

…MAIS! Tous ceux qui ont déjà eu un chiot savent de quoi je parle : c’est épuisant! Le beau Max a passé les premières semaines à se lever la nuit pour aller faire marcher Qinu. Il fait ses nuits maintenant – yay! – mais il demande toujours autant d’attention. Il doit sortir faire pipi toutes les 3 – 4 heures, ce qui veut dire que la petite heure de lunch octroyée à Max s’écoule dans les -15 degrés sibériens à dépenser l’énergie de la petite boule de poils. Et hop! De retour en classe.

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Qinu et Max : une histoire d’amour

Ce billet ne vise pas à générer de la pitié. C’est seulement un gros «reality check». Un rappel que, tout un chacun d’entre nous, avons nos moments difficiles et nos moments de faiblesse. Il faut en parler; briser les tabous.

Max, je crois parler au nom de tous quand je dis que nous t’envoyons une marée (seule façon de te rejoindre, semble-t-il) d’ondes positives pour te permettre de continuer ton long voyage, la paix au coeur. ❤

Psst : commentez un petit quelque chose pour lui, si ça vous dit!

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